Né en 1959, Emmanuel Fournier est l’auteur de deux ouvrages publiés aux
Éditions de l’Éclat :
Croire devoir penser a paru en 1996. Le livre est composé de 999
propositions rédigées à l’infinitif, dans une langue « déconjuguée »
qui fait abstraction des substantifs, en privilégiant exclusivement
les modes impersonnels du verbe : l'infinitif, et dans une moindre mesure
le gérondif et les participes. Sur un plan philosophique, l’un des atouts
majeurs de la « langue infinitive » est de contourner les questions
du sujet, de l’objet ou de l’être qui, pour l'auteur, entravent la réflexion
; ce faisant, la langue infinitive se donnera les moyens de reprendre à
neuf les principales questions de la philosophie.
L’Infinitif des pensées, paru en 2000, met en parallèle différents
types d’écriture : les Carnets d’Ouessant, écrits sous forme de journal,
des postfaces tardives à Croire devoir penser, des transcriptions
à l’infinitif de Descartes, Nietzsche, Wittgenstein, Kant, Aristote ou Heidegger,
ainsi que des annotations, où se poursuit une méditation sur les implications
et la mise en œuvre de la langue infinitive.
Parallèlement à ce travail d’écriture, inséparable de son questionnement,
Emmanuel Fournier est un artiste qui utilise le dessin comme mode d’interrogation.
Outre plusieurs expositions, deux livres « écrits en dessin », parus
chez l’auteur à 20 exemplaires, ont précédé la publication des textes aux
Éditions de l’Éclat : Sur la lecture (Corduriès, 1989) et
La même chose (Corduriès, 1993).
Composé de deux volumes, 36 Morceaux
et Mer à faire, l’ouvrage
intitulé Dénuer Dessiner Désirer est un diptyque qui rapproche, pour
la première fois dans un même projet éditorial, les deux modes de recherche
principaux d’Emmanuel Fournier.
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