Éric Pesty Éditeur
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Théorème de densité

Née en 1962 à Nyköping (Suède), Helena Eriksson est poète et traductrice. On lui doit notamment, en collaboration avec Jonas J Magnusson, une traduction de Théorie des prépositions de Claude Royet-Journoud (Teori om prepositioner) ainsi que de La poésie entière est préposition (Poesin i sin helhet är preposition) – sous forme d'un prière d'insérer adjoint au livre.
Helena Eriksson a obtenu en 2009 l'éminent prix littéraire Gérard Bonniers lyrikpris qui a couronné son écriture dans son pays.

Théorème de densité s'écrit dans la continuité d'une étude : « Entre préposition et anatomie – une lecture parasitaire », parue dans le Cahier Critique de Poésie n°16, à l'occasion d'un dossier consacré à Claude Royet-Journoud.
Si, dans ce premier texte, la préposition s'instituait au point d'articulation entre langage et corps, point d'articulation et/ou de convulsion manifesté par des allusions à la poupée de Hans Bellmer ; cette recherche se prolonge dans Théorème de densité, qui interroge, dès l'exergue du poème, la façon dont l'articulation du corps peut se prononcer dans l'articulation de la langue :

    « dans l'intervalle qui se produit entre savoir parler (s'articuler)
    et donner libre cours au corps – »

L'expérience physique de cet intervalle est à la fois narrativisée dans le récit d'un face-à-face entre un homme et une femme, mais encore littéralisée, par projection du récit sur les deux dimensions de la page – laquelle est en train de s'écrire ou de se lire. Ainsi des pages blanches scandent-elles, de manière imprévisible pour le lecteur, l'expérience d'aimantation des corps l'un vers l'autre, des voix qui s'entremêlent, en passant par le vertige et l'aspiration d'un gouffre.
La « densité » s'éprouve dans l'intervalle entre deux corps, entre deux pages, entre deux parties du livre, jusqu'au distique final où se redimmensionne l'excès.

Théorème de densité