Pascal Poyet est né à Rive-de-Gier en 1970. D'un cursus à l'École des Beaux-Arts de Grenoble l'écriture de Pascal Poyet conserve une plastique,
et un rapport au langage nourri par une interrogation sur la notion de moderne.
Depuis Compadrio, en passant par Causes cavalières, Expédients ou Au compère, la bibliographie de Pascal Poyet compte une dizaine de titres qui
marquent à chaque fois une étape dans une recherche à la fois exigeante et exemplaire. Le livre que nous publions aujourd'hui, intitulé
Draguer l'évidence, se compose de deux parties : « démêlés » (imprimés) et « prises » (enregistrées), qui mettent en œuvre, dans une densité de
langue peu commune, une éthique de la velléité que nous commentons ici.
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Par son lieu de naissance, on rattacherait volontiers le travail de Pascal Poyet à cette école lyonnaise d'écriture qu'a esquissée, dans une intuition
fulgurante, Jean Daive et qu'a relevée pour nous Francis Cohen, sous l'aspect, singulièrement, d'œuvres à
densité de langue saturante, comme celles de Maurice Scève, Roger Giroux, Roger Laporte, Claude Royet-Journoud ou Marcelin Pleynet.
Personnellement, nous inscririons volontiers le travail de Pascal Poyet dans une mouvance informelle d'écriture, mais pourtant assez repérable
d'auteurs pour lesquels la grammaire (au sens linguistique aussi bien) reste un champ d'investigation toujours neuf : aux côtés donc de Bénédicte
Vilgrain, Anne Parian, Emmanuel Fournier ou Marie-louise Chapelle, pour ne citer que quelques noms d'auteurs français de sa génération qu'il a de surcroît publié
dans contrat maint.
Depuis 1998, Pascal Poyet co-dirige en effet avec Goria les éditions contrat maint (plus de soixante-dix titres disponibles) qui publient des textes d’artistes et de poètes contemporains, des essais, des traductions, dans des ouvrages brefs dont la forme, inspirée de la « literatura de cordel » brésilienne, délimite une utopie de pensée et d'action (cf. Bulletin n°1).