Né en 1971, résidant depuis une quinzaine d'années à Marseille, Vincent Bonnet est un artiste qui utilise la photographie comme médium privilégié de création. Si son travail photographique questionne l'image en général (Vincent Bonnet prépare une thèse d'esthétique sur la littéralité de l'image dont le livre, Pense•bête, qu'il publie aujourd'hui pourra figurer la mise en acte), sa pratique s’accompagne de gestes artistiques spécifiquement contextualisés : actions dans l’espace public (publications de photographies sous forme de tracts, d’affiches, de pancartes, de flyers, d'autocollants etc. suivies par des campagnes de distribution et d’affichage), expositions dans des galeries d’art mais aussi dans des lieux publics non destinés a priori à la promotion artistique (les couloirs du métro marseillais ou les entrées de tours Labourdette notamment), mise en vente d’une série de cartes postales en librairie et dans des bureaux-tabacs du centre historique de Marseille, voire des contributions artistiques régulières à des revues dont Vincent Bonnet participe également à la direction éditoriale (Café Verre, l'Intraitable et fondcommun). Ces actions représentent autant de manières d’investir, de façon éphémère, ce que l’auteur nomme « le champ social et politique », procurant ainsi à ses images une efficacité tangible.
À ce point de maturité du travail, il s’agit pour Vincent Bonnet, à travers l’oeuvre intitulée Pense•bête, de rencontrer et de problématiser la question du livre par rapport au médium photographique (la forme livre étant une de celles que l'artiste n’a pas encore expérimentée à ce jour). Ce faisant, Vincent Bonnet veut poursuivre par le moyen du livre son programme artistique : constituer « un fonds d’images efficientes », « expérimenter une écriture, critique, en image et tendre à une densification précise et rigoureuse d’une situation »